Hyperphagie, mon défi de tous les jours

(ATTENTION ROMAN) En ce moment je suis en « rechute », voilà pourquoi je me lance dans ce post… Ça fait maintenant plusieurs mois que je fais les montagnes russes entre crises et reprise en main, sans retrouver l’équilibre que j’avais pourtant enfin trouvé. Car voyez-vous je « souffre d’hyperphagie ».

L’hyperphagie c’est quoi?

L’hyperphagie est un trouble du comportement alimentaire (TCA). En gros c’est le fait d’avaler un nombre flippant d’aliments en un temps record alors que vous n’avez même pas faim.

Contrairement à la boulimie qui est très connue, l’hyperphagie exclut le fait de se faire vomir ensuite (ou tout autre technique pour ne pas « grossir »). Une fois la crise passée, bonjour remords, honte et culpabilité… et mal de bide!

Quels sont les « symptômes » ?

« Les symptômes de l’hyperphagie sont la répétition de ces crises hyperphagiques impulsives, où le patient mange de façon particulièrement rapide une grande quantité d’aliments jusqu’à en ressentir un inconfort important ou de la douleur au niveau de l’estomac. »

Comprenez une envie incontrôlable de se remplir encore et encore, jusqu’à ce que votre estomac soit gonflé à bloc et terriblement douloureux…

Très souvent les personnes souffrant d’hyperphagie perdent le repère des sensations de faim et la satiété. C’est mon cas. Donc quand mon estomac commence enfin à digérer mais que je suis toujours « au bout de ma vie » devant la téloche ou en train de pleurnicher de nerfs… ben c’est reparti pour un tour! Et l’histoire peut durer plusieurs jours d’affilé.

Pourquoi?

Avec le recul, je sais maintenant que je fais des crises quand je « perds le contrôle », c’est à dire quand quelque chose m’affecte mais que je ne peux pas le solutionner. Je suis une angoissée de la life hyperactive, c’est mon tempérament. J’aimerai tout contrôler, savoir exactement ou je vais, que tout se passe comme je le souhaite et vite, mais ça malheureusement c’est impossible. Alors quand solitude, ennui, stress ou tristesse deviennent un peu trop présents… c’est pour moi le retour des TCA!

« Les troubles du comportement alimentaire sont tous l’expression d’un mal-être qui dépasse de loin la simple volonté de maigrir ou la difficulté de construire son rapport à la nourriture. Ils sont bien souvent le symptôme d’une souffrance réelle, qui ne peut s’exprimer autrement. Dans la plupart des cas, le trouble survient suite à un événement dit déclencheur, le plus souvent un traumatisme. Les personnes qui souffrent de TCA ont en outre des caractéristiques psychologiques assez semblables : ils souffrent de manque de confiance et d’estime de soi, d’excès de perfectionnisme ou encore de besoin de tout maîtriser. »

Je suis malade?

Quand la diététicienne qui me suivait, à la suite de mon hospitalisation, a donné un nom à tous mes moments de honte en m’expliquant que c’était une « maladie », dans un premier temps je me suis dis: OK elle… elle débloque! Son diplôme elle l’a eu dans une pochette surprise! Je suis juste une grosse gourmande, faible et incapable de me retenir.

Quand je dis « à la suite de mon hospitalisation » c’est que j’ai du consulter « de force » après avoir ruiné mes deux reins en suivant un peu trop bien le fameux régime « Dukan » (que je surnomme maintenant Ducon). Bah oui, quand on se nourri que de surimi, de viande des grisons, d’œufs et de coca light… bizarrement le corps apprécie moyen!

Mais ces consultations m’ont vraiment fait du bien. Déjà, car enfin je déculpabilisais. Je n’étais pas la seule a faire ça, et quelqu’un pouvait enfin me dire: non ce n’est pas simple a gérer, non ce n’est pas de la gourmandise, c’est bien plus profond que ça.

Ensuite par ce qu’elle m’a ré-appris a manger! A manger de tout, dans des quantités adaptées, a ne pas me frustrer. En bref, revoir mon rapport à la nourriture et la notion de plaisir, car dans ma quête de maigrir a tout prix j’ai fais du grand n’importe quoi et j’ai même accentué mes TCA.

Ça se soigne alors?

« Comme dans les autres troubles du comportement alimentaire (TCA), l’hyperphagie se soigne par une approche entre différents professionnels de santé. Un aide de nutritionniste connaissant les TCA (troubles du comportement alimentaire ) devrait aider à lutter contre les idées fausses que se font les personnes souffrant d’hyperphagie sur l’équilibre alimentaire : en général ils auraient tendance à se mettre trop en restriction, ce qui ne peut qu’amplifier les crises hyperphagiques.
Une démarche psychothérapique est hautement souhaitable »

Voir un diététicien ou nutritionniste est donc une première étape, consulter un psy une seconde que je n’ai pas encore su franchir. On a rarement envie de parler de ça, on a simplement honte… Mes psys a moi ce sont des amies rencontrées sur instagram, qui me comprennent car elles endurent la même chose! Échanger, sortir de sa bulle et savoir dire que ça va pas c’est important. Etre bien entouré.

Mes proches n’ont jamais vu ou suspecté quoi que ce soit par rapport a tout ça. Au mieux ils voyaient juste de la nourriture disparaître (car bien sur qui dit honte, dit tu te planque pour te goinfrer), au pire ils m’ont vu me contraindre, a en être malade, a des régimes dangereux pour perdre a tout prix du poids.

Je n’ai jamais été obèse, donc pour eux « rien » qui justifierait mes démarches, pourtant c’est un profond mal être qui resurgit encore aujourd’hui.

Celui qui m’a aidé a oublier pendant presque un an entier les TCA, et qui aujourd’hui encore les écourte? Mon amoureux. Bah oui c’est beau l’amour, et surtout ça redonne confiance en soi. Malgré les épreuves du quotidien être deux m’aide à faire face à mes angoisses.

Je ne sais pas si on guéri vraiment des TCA, mais les combattre chaque jour c’est un savant mélange de confiance en soi et d’estime. Réussir à contrôler ses émotions, se sentir bien dans son corps et dans sa tête. Un équilibre pas toujours simple à trouver et à garder.

J’ai de nouveau des crises, car de nouveau des choses qui me tracassent trop. J’ai donc repris du poids et ça affecte mon bien être. C’est un cercle vicieux dans lequel je sais qu’il ne faut pas rester trop longtemps, donc je fais le yoyo, mais je travaille dessus. Aujourd’hui je suis consciente de ce qui m’arrive, et de l’enjeu pour ma santé. C’est pour ça que j’essaie encore et encore, que je veux être positive, avoir de beaux projets.

Quand on veut on peut, je l’ai déjà fais et je vais le refaire! Quelques pistes, et notes à moi même:

  • Etre positive, relativiser
  • Bien s’entourer, en parler, extérioriser
  • Se changer les idées, s’occuper
  • Ne pas faire de son alimentation une frustration
  • Faire du sport, trouver le moyen de se défouler
  • Si rien y fait lâcher prise, craquer un bon coup, mais demain est un autre jour!
  • Ne pas se laisser submerger

Courage à toutes celles qui sont dans la même galère. N’hésitez pas à commenter cet article, me donner vos conseils ou me poser vos questions, je serai ravie de vous lire.

9 commentaires

  1. Clémence

    Ah c’est donc ça !! Je suis exactement pareil, je connaissais le mot hyperphagie sans dutout savoir ce que ça voulais dire … et je me disais c’est bizarre je dois être boulimique (Mais sans me faire vomir 🙈)… Mais c’est ça je n’ai pas Faim je sais qu’il ne faut pas Mais je le fais Quand meme je Mange jusqu’à avoir mal au ventre, à table je finis Tout meme Quand je n’en peux plus…etc
    En plus de ça je suis hyperactive je pense que ça va Avec …
    Merci pour ton article en tout cas et je suis pas loin on pourrait se voir un de ces 4 😉.

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  2. ahappyhealthylife2018

    Bonjour Elodie,

    Je souffre malheureusement du même problème que toi depuis plusieurs années. Après avoir fait un an et demi de thérapie et quelques séances d’hypnose, je commence à m’accepter telle que je suis et à être moins sévère avec moi même. Je ressens des émotions et apprends a les gérer au fur et à mesure.
    As tu testé l’hypnose? c’est ce qui m’a permis de me libérer de certains blocages sur lesquels j’avais mis le doit en thérapie. Je savais comment faire pour être bien mais je n’y arrivais pas car mon inconscient ne voulait pas lâcher…
    L’hypnose m’a rendu mon sourire et ma légèreté. Malheureusement, les crises continuent toujours.
    Je commence à comprendre qu’il y a une part organique là dedans. Mon corps a faim si je lui donne pas ce qu’il lui faut. Sauf que je ne sais plus trop comment manger. Je vais donc me rapprocher d’une nutritionniste qui utilise la micro nutrition et la chrono nutrition. Elle est spécialisé dans la boulimie et m’a expliqué que mon corps avait besoin de certains nutriments etc. qu’elle pourrait stopper les crises rapidement et ensuite me ré apprendre à manger.
    Je ne sais pas ce que ça donnera mais, je ferai très certainement un article là dessus.
    Tout ce que je voulais te dire c’est que ne perd pas espoir. Il faut tenter plein de choses pour s’en sortir et ne jamais baisser les bras.
    Bon courage… je te souhaite que le meilleur

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  3. Emma

    Un immense merci pour cet article. Alors oui ça a un nom? Non ce n’est pas juste être gourmande à outrance? Ben rien que ça ça fait énormément de bien! Merci d’avoir pris le temps de décrire tout ça avec tes mots et ton vécu, bien plus parlant pour les gens dans le même cas que les termes médicaux, ça n’a pas dû être facile en plus alors d’autant plus merci! Personnellement je suis aussi suivi par David Costa et j’ai commencé une thérapie au cours de laquelle on parle de mon besoin de tout contrôler, que tout soit parfait, mon manque de confiance en moi et ma peur du regard et du jugement des autres.., sujets sur lesquels elle m’a déjà beaucoup aidée, mais je ne lui ai jamais parlé de mes crises alimentaires car pour moi c’était juste de la gourmandise que je devais raisonner, mais non reprendre une part de dessert avec le smille c’est de la gourmandise, engloutir tout ce qui contient du sucre ou du chocolat en ayant pas faim, mal au ventre, en ayant honte et en se cachant et en ayant du stress, de la tristesse et ou de la culpabilité en tête ça n’est pas de la gourmandise, et grâce à toi je sais ce que c’est! Merci et bon courage à toi! Et n’hésite pas à essayer une psychothérapie, j’ai longtemps hésité et je t’avoue n’y être allée que parce qu’un collègue m’y a très fortement poussé et au final je le remercie énormément!

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    1. elodiefit2a

      Coucou Emma, ben oui on est nombreuse à ne pas mettre de nom sur tout ça et pourtant c’est une maladie qui touche de plus en plus de monde… En parler c’est déja un grand pas en avant peu importe au final a qui on se confie! Bon courage

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